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Votre "Agilité" est-elle un levier de croissance ou un centre de coûts déguisé ?


Depuis mes débuts en agilité en 2010, j’ai accompagné de très nombreuses équipes et personnes dans leur voyage vers l’agilité.  


J’ai eu envie de schématiser les différents paliers de progression rencontrés dans la prise de conscience, la compréhension, l’adoption et jusqu’à la transcendance agile…  




Bien que l’agilité tienne en un manifeste de 4 valeurs et 12 principes, bien que le ScrumGuide tienne en 17 pages, rares sont les terrains qui ont encore à ce jour réussi à tirer la substantifique moelle et tous les bénéfices d’une agilité bien appliquée. 


Voici un florilège de verbatims qui pour moi sont révélateurs des différents paliers que j’ai rencontré sur le terrain : 


  1. Niveau 1 - L'illusion : le classique “on fait de l’agile, on a Jira et on a eu une formation Safe !” L’habit ne fait pas le moine… 

  2. Niveau 2 - La mécanique grippée : le “on a des équipes scrum mais ca ne marche pas bien … les daily n’intéressent personne, on ne fait pas de démo, on a arrêté de faire des rétros, on disait toujours la même chose ! … On va décaler le sprint planning de 3 jours parce qu’on doit finir de livrer les stories du sprint précédent”

  3. Niveau 3 - Le respect procédural : c'est la pratique procédurale, l’agilité vue comme un process : “on a très bien compris scrum, on applique chaque cérémonie, on fait tout bien… tout le monde vient à la sprint review:  la PO, le dev front, le dev back, le QA et le devops, et l’archi transverse vient quand il peut... Pour la rétro, on la fait entre devs”. mais il manque l’essentiel … être une équipe scrum qui peut s’entraider et intègre le PO.

  4. Niveau 4 - Le goulot d'étranglement : on va chercher la polyvalence… “scrum est appliqué, l’équipe est polyvalente de sorte que chacun peut faire tout seul sa story… on livre 1 à 2 stories par personne et par sprint, mais le delivery est aléatoire, on livre 20 à 50% des engagements, et il faut dire qu’on doit arrêter de développer le mardi pour laisser le temps à la QA de faire les tests ; et comme on ne peut pas mettre en prod le vendredi, alors on pousse le jeudi, des fois que… Coté rétro, on en fait, pas tout le temps, et on oublie parfois les décisions prises… ” Toujours pas une “équipe”... et toujours coincée dans un cadre incompris : la QA en silo et en goulet d’étranglement, la fin de sprint le vendredi, la rétro dont on n’applique pas les décisions… 

  5. Niveau 5 - L'usine à fonctionnalités / Feature factory (Le piège !) : Au niveau 5, on atteint un niveau aujourd’hui rare sur le terrain : un véritable delivery fluide et prédictible avec une équipe qui s’améliore en continu : “scrum et acquis, fluide, le delivery est quotidien, les équipiers s’entraident, on développe jusqu’en fin de sprint, on démontre et livre 90 à 110% de l’engagement, on s’améliore en permanence avec des rétros efficientes… ce qui est juste dommage c’est que nos clients qui utilisent la version la plus récente ont une version d’il y a 4 ans.”  

  6. Niveau 6 - La Transcendance (Le Graal) : c'est le niveaux où l'on touche tous les bénéfices de l’agilité : “on travaille au quotidien avec des feedbacks utilisateurs, on analyse le taux d’usage, on fait des AB tests pour tester nos hypothèses, on vise la valeur d’impact, des impacts business monitorés ; on atteint l’objectif de sprint plus qu’on ne livre une liste de 40 stories / specs détaillées, on voit l'impact business et d'usage. L’équipe est engagée, heureuse, fière, polyvalente, s’entraide et s’améliore chaque jour en se disant (avec la CNV) ce qui pourrait être amélioré dans la collaboration, sans attendre la fin de sprint. 


Alors oui, le 6ème palier n'est atteint que par 1 ou 2% des équipes encore aujourd’hui… C’est ce que déplorait Rachel Dubois dans son talk à Agile Grenoble. On le trouve en général dans les Licornes de la tech. 


Donc si vous n’avez pas atteint le 6ème palier, vous n'êtes pas seuls ! Même si c’est dommage… car vous livrez avec plus ou moins de fluidité des features potentiellement jamais ou rarement utilisées, sans impact business… L’agilité devient un coût


Et en phase de ralentissement économique et de prudence, on coupe les coûts qui ne génèrent pas de ROI… 


Si vous êtes dirigeant d’entreprise SaaS, ou Head of Sales ou CFO d’un éditeur Saas, ne laissez pas votre agilité devenir une simple ligne de coût ; discutons de la manière d'amener vos équipes vers ce niveau 6 qui va générer plus d'ARR, un meilleur ratio LTV/CAC, un meilleur EBIT, une meilleure valorisation !


 
 
 

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